Naître avec le théâtre pour berceau, voilà le point de départ de Michel Aumont. Paris, 15 octobre 1936. Avant même d’avoir l’âge d’arpenter les planches, il se glisse dans les coulisses, guidé par une mère comédienne. À 18 ans, il franchit les portes du Conservatoire national d’Art dramatique. Deux ans plus tard, déjà un prix de comédie moderne en poche. Ce parcours fulgurant ne s’arrête pas là : dès la sortie du Conservatoire, il fait le choix fort de rejoindre la Comédie-Française comme pensionnaire. Il y restera jusqu’aux années 1970, fidèle à la scène, là où tout a commencé. Mais réduire Michel Aumont au théâtre serait passer à côté d’une trajectoire bien plus vaste. Dès les premiers pas, il s’ouvre aussi à la télévision, et très vite le cinéma s’invite dans l’équation.
Michel Aumont : ses débuts à la télévision et au cinéma
En 1966, Michel Aumont fait ses premiers pas devant les caméras, avec un rôle dans « Le Légataire universel » de Jean Pignol. Ce premier essai le propulse sous les projecteurs du petit écran. Mais c’est en 1972 que le cinéma lui tend la main : Michel Deville lui confie un rôle dans « La femme en bleu ». Dès lors, le rythme s’accélère. Multiplier les seconds rôles devient sa signature, et il s’impose dans des personnages d’inspecteurs, de commissaires, toujours justes, jamais caricaturaux. On le retrouve ainsi dans « Nada » de Claude Carol ou « La course à l’Échalote » de Claude Zidi, des films où son jeu s’imprime dans la mémoire du public. Dans ce parcours, Michel Aumont ne cherche pas à être la vedette absolue, mais il façonne, à force de constance, une présence qui marque.
Michel Aumont : un acteur qui sait s’adapter à tous les rôles
À partir des années 80, Michel Aumont ose des virages. Il délaisse parfois l’uniforme d’inspecteur pour explorer d’autres registres. Sur les planches, il interprète « Le Beaumarchais », « L’insolent » ou « Le placard » autour de l’an 2000. Cette capacité à se réinventer, à passer d’un univers à l’autre, fait de lui un acteur recherché aussi bien pour la télévision que pour le théâtre. Les récompenses ne tardent pas : quatre Molières viennent couronner un parcours où la rigueur n’exclut jamais l’audace.
Après deux années concentrées sur la scène, Michel Aumont revient au cinéma. Il campe le père de Catherine Frot, puis enchaîne avec la télévision, enchaînant les rôles dans des séries comme « A droite toute », des téléfilms comme « La Reine morte » ou « Braquage en famille ». L’acteur s’autorise même une incursion dans le thriller politique avec « La sainte victoire », partageant l’affiche avec Christian Clavier et Clovis Cornillac. À chaque projet, il impose un style, une présence qui ne s’oublie pas.
Michel Aumont : une filmographie exceptionnelle
Après ses débuts derrière la caméra, Michel Aumont croise la route des plus grands cinéastes français. On le retrouve dans « Le Jouet » de Francis Veber, « Mort d’un pourri » réalisé par Georges Lautner, ou encore « Coup de tête » mis en scène par Jean-Jacques Annaud. Sa spécialité : sublimer le second rôle, donner une dimension rare à des personnages que d’autres auraient négligés.
Mais les années 80 marquent une discrète mise en retrait. Michel Aumont apparaît alors plus rarement, mais toujours avec justesse. Il ne disparaît jamais complètement : on le remarque dans « Les compères » de Francis Veber (1983) ou « Un dimanche à la campagne » de Bertrand Tavernier (1984). Puis, en 1990, il signe un retour remarqué avec « Ripoux contre ripoux ». Sa collaboration avec Francis Veber se poursuit : il enchaîne « Le Placard », « Tais-toi » et « La Doublure ». En 2004, il rejoint le casting de « Clara et moi » d’Arnaud Viard, puis incarne un chef du protocole dans « Palais royal » réalisé par Valérie Lemercier en 2005.
Qui est la femme de Michel Aumont
Côté vie privée, Michel Aumont s’est uni à Nadège, et tous deux ont accueilli une fille, prénommée Catherine. Discret sur son intimité, l’acteur a toujours protégé sa famille de la lumière des projecteurs. Peu d’informations ont filtré, sinon ce prénom confié par l’artiste à quelques rares occasions. Le 28 août 2019, la scène française perd l’une de ses figures les plus attachantes. Michel Aumont s’éteint à l’âge de 82 ans, laissant derrière lui l’empreinte d’un acteur capable de tout jouer, sans jamais trahir son exigence ni sa générosité. Impossible d’imaginer les planches sans cette silhouette, cette voix, cette énergie : un héritage qui continue de faire vibrer la mémoire du théâtre et du cinéma français.


