Quand on allume CNews en semaine, ce sont presque toujours des voix masculines qui tiennent les créneaux les plus exposés, de la matinale jusqu’à la fin d’après-midi. Ce n’est pas un hasard : chaque présentateur CNews homme porte un segment d’audience et une promesse éditoriale bien distincts. Trois figures se détachent nettement dans la grille actuelle, et une quatrième commence à bousculer l’ordre établi.
Grille masculine de CNews : une stratégie éditoriale assumée
On pourrait regarder la liste des animateurs un par un. Mais ce qui frappe d’abord, c’est la logique d’ensemble. Les visages masculins occupent la matinée et la fin d’après-midi, les deux fenêtres où l’audience se concentre.
Pascal Praud, Eliot Deval, Romain Desarbres : chacun tient un créneau précis avec un ton identifiable. Laurence Ferrari reste la seule figure féminine de premier plan, positionnée sur un horaire complémentaire. Ce déséquilibre structurel n’est pas accidentel, il reflète un choix de programmation où chaque présentateur homme incarne un positionnement éditorial différent.
Cette organisation permet à la chaîne de fidéliser des publics distincts selon les tranches horaires, sans que les animateurs ne se marchent sur les pieds.

Pascal Praud, présentateur CNews le plus clivant
On ne présente plus Pascal Praud, mais on sous-estime souvent ce qui fait sa longévité à l’antenne. Avant CNews, il a passé des années sur les plateaux sportifs, notamment autour de Roland-Garros et du football. Cette culture du direct, du débat musclé et de l’interpellation vient de là.
Son émission « L’Heure des pros » est devenue le rendez-vous le plus commenté de la chaîne. Praud impose un format où le présentateur arbitre moins qu’il ne provoque. Il lance des sujets de société frontalement, coupe la parole, relance quand le plateau s’enlise. Ce style divise, mais il génère une fidélité d’audience rare sur une chaîne d’information en continu.
Un animateur qui structure toute la grille autour de lui
La plupart des chroniqueurs réguliers de CNews gravitent d’abord autour de son plateau. Gauthier Le Bret, par exemple, a commencé comme chroniqueur et joker de Praud avant d’obtenir sa propre émission. Le même schéma se répète : Praud sert de rampe de lancement pour les nouveaux visages masculins de la chaîne.
Les retours varient sur ce point, mais plusieurs observateurs notent que le ton général de CNews doit beaucoup à la manière dont Praud a installé un style d’animation directe, parfois abrasive, qui s’est diffusé aux autres créneaux.
Eliot Deval, l’éditorialiste qui monte sur CNews
Eliot Deval occupe un créneau différent. Là où Praud joue le débat collectif, Deval mise sur l’édito personnel, court et tranché. Ses prises de parole sur des sujets comme le racisme anti-blanc, les polémiques autour de nominations politiques ou les faits divers marquants lui ont valu une visibilité croissante.
Son registre tient en une phrase : un sujet d’actualité, un angle assumé, une formulation qui circule ensuite sur les réseaux sociaux. C’est un format calibré pour la viralité, et la chaîne l’a bien compris en multipliant ses interventions.
Un profil éditorial, pas un profil d’animateur classique
Deval ne présente pas un journal au sens traditionnel. Il commente depuis un point de vue revendiqué. Cette distinction est importante : sur CNews, la frontière entre journaliste présentateur et éditorialiste engagé s’estompe volontairement. Deval incarne cette hybridation mieux que quiconque dans la grille actuelle.

Gauthier Le Bret, nouveau visage de l’antenne CNews
À 29 ans, Gauthier Le Bret cumule déjà plusieurs casquettes. Chroniqueur chez Praud, intervenant régulier dans les émissions de Cyril Hanouna sur Europe 1 et C8, il a obtenu son propre créneau quotidien en journée sur CNews.
Le Bret combine exposition en journée et présence en soirée, un cumul de programmes inhabituel pour un animateur de son âge. Diplômé d’un Master au CFPJ, passé par un stage au Monde puis par Canal+, son parcours mêle formation classique et intégration rapide dans l’écosystème Bolloré.
Ce que son ascension dit de la stratégie de CNews
Miser sur un profil jeune, capable de passer d’un plateau à l’autre, répond à un besoin concret : renouveler les visages sans perdre la ligne éditoriale. Le Bret ne rompt pas avec le ton de la chaîne, il le porte avec un registre légèrement plus décontracté, adapté à des publics qui consomment aussi du contenu sur les réseaux.
- Chroniqueur et joker attitré de Pascal Praud dans « L’Heure des pros », il a appris le rythme du direct sur ce plateau exigeant
- Présent sur Europe 1 dans « On marche sur la tête » et sur C8 dans « Face à Hanouna », il assure une visibilité multi-supports
- Son propre créneau quotidien sur CNews marque un passage du statut de chroniqueur à celui de présentateur CNews homme à part entière
Romain Desarbres et Julien Pasquet : deux profils à surveiller
Romain Desarbres tient un créneau d’information plus classique, ancré dans le traitement factuel. Son rôle dans la grille est complémentaire : il offre un contrepoint plus sobre aux formats d’opinion qui dominent les autres tranches horaires.
Julien Pasquet, quant à lui, vient du journalisme sportif et de la radio. Sa rentrée pourrait bouleverser sa place à l’antenne selon plusieurs sources spécialisées. Son profil atypique, à mi-chemin entre le terrain sportif et le plateau d’information, rappelle d’ailleurs le parcours initial de Praud.
- Desarbres apporte un format informatif qui tranche avec les émissions d’opinion dominantes
- Pasquet dispose d’une expérience en radio et en communication sportive qui pourrait lui ouvrir de nouveaux créneaux
- Les deux représentent une génération intermédiaire entre Praud et Le Bret, avec des styles encore en construction à l’antenne
La grille masculine de CNews fonctionne comme un système où chaque animateur occupe une case précise. Praud polarise, Deval éditorialise, Le Bret rajeunit, Desarbres informe. Ce qui distingue la chaîne, ce n’est pas le nombre de présentateurs hommes, mais la spécialisation éditoriale de chacun d’entre eux. La prochaine rentrée dira si cet équilibre tient ou si de nouveaux visages redistribuent les cartes.

