Drôleries économiques ?

On a plutôt envie de pleurer quand on voit à quel point, partout dans le monde, la situation socio-économique se dégrade, les contradictions d'intérêts se multiplient, les tensions s'exacerbent, au sein de chaque pays et entre les nations.

On a envie de se mettre en colère quand on écoute le discours des "responsables", qu'ils soient de gauche ou de droite, les prises de position de tous ces gens qui viennent à la radio, à la télé , faire état de leurs revendications légitimes et qui - c'est certain - reflètent bel et bien l'opinion publique.

Une opinion publique dont le comportement est malsain, parce que nous vivons dans le cadre d'un système politique économique et social malsain, qui impose la compétition, sollicite l'agressivité, favorise l'égocentrisme chacun pour soi, au plan national, et plus encore au plan international, alors que ce système est mondial et qu'aucun problème ne pourra être résolu si tous ne le sont à l'échelle mondiale !

On a envie de pleurer ou de se mettre en colère. Mais ça ne sert à rien et c'est très mauvais pour la santé. Le rire est une réaction nerveuse bien moins nocive. c'est pourquoi il vaut mieux parler de drôleries économiques que de tragédies économiques.

Après quoi, calme et détendu, on peut réfléchir à des questions qui ne sont finalement pas très drôles.

(Texte introductif à la série des "drôleries économiques", paru dans Tumulte N° 17 d'avril 1982.)