Avant le commentaire, voici les premières lignes de l'article d'Eric Le Boucher, qui sont représentatives de la teneur de l'article...
"Contre la pauvreté : la mondialisation plus les aides
par ERIC LE BOUCHER
POUR LA PREMIÈRE FOIS dans l'histoire de l'humanité, les hommes ont les connaissances et les moyens financiers pour réduire très sensiblement la pauvreté sur la Terre, sinon la vaincre. Auparavant, la démographie était plus rapide que le progrès économique. Aujourd'hui la fécondité se modère (Chine, Brésil...), mais surtout la libéralisation des échanges économiques - autrement dit la mondialisation - permet une franche accélération de la croissance dans les pays pauvres qui y participent, les rendant enfin capables de lutter contre le dénuement de leur population."
Intitulé Contre la pauvreté : la mondialisation plus les aides, cet article est un commentaire de travaux de la Banque Mondiale préalables à la conférence de Monterrey, au Mexique, en mars 2002, censée préparer le sommet du développement durable à l'automne à Johannesburg. L'accent y est mis sur la lutte contre la pauvreté. Une courbe fabriquée par la Banque Mondiale montre que l'extrême pauvreté - à savoir les gens qui gagnent moins d'un dollar par jour - a augmenté depuis 1820 (on se demande d'où peuvent bien sortir les statistiques de 1820, et de quel dollar il s'agit, car il n'est pas précisé s'il est ou non constant ; de plus les banquiers mondiaux ne semblent pas s'être avisés qu'un RMIste de 2002 gagne certainement plus d'argent qu'un paysan de 1820, mais qu'il est toutefois beaucoup plus misérable...).
Ladite extrême pauvreté tendrait cependant à décroître depuis 1980, pour 200 millions de personnes situées dans les pays qui prennent le train de la mondialisation, en fabriquant des chemises ou des cartes électroniques (sic !). L'auteur avoue quand même que pour deux milliards d'individus, la situation a empiré depuis deux décennies, sans se demander apparemment comment cela est compatible avec l'affirmation précédente, car, en bonne logique 2 milliards moins 200 millions laissent tout de même 1 milliard 800 millions de "pauvres extrêmes" en plus...
Qu'importe pour Monsieur Le Boucher : la mondialisation n'augmente pas la pauvreté, c'est le contraire qui est vrai. Le mouvement anti-mondialisation a tort... Exact : la mondialisation n'augmente pas la pauvreté, mais la richesse, et parallèlement la misère, qui est bien pire que la pauvreté !...
Tout cela n'est enfin pour l'auteur qu'une affaire d'argent : 1 milliard de dollars d'aide supplémentaire sort 280.000 personnes de l'indigence, selon la Banque Mondiale. L'argent est la mesure de toutes choses, nous le savions déjà ; et la mondialisation plus les aides devrait résoudre le problème, puisque le comment faire contre la misère est connu : il suffirait donc d'aider davantage et de veiller à ce qu'il y ait de bons gouvernements dans les pays où subsiste la misère. Et voilà !
Si le terrorisme se nourrit du désarroi des plus pauvres, gageons que la lutte contre la pauvreté et contre le terrorisme nous assurera des jours heureux, pourvu que les gouvernements des pays riches sortent de leur égoïsme sacré, sans toutefois remettre en cause leur richesse, ce qui pourrait les empêcher d'avoir les moyens de la générosité...