Une interview de François Fourquet

commentaire par François De Ravignan

 

A propos d'une interview de François Fourquet, in Alternatives internationales de juillet-août 2002.

L'attitude anti-mondialisation se confond trop souvent avec un anticapitalisme qui fait du capitalisme une espèce de monstre assoiffé de plus-value et de conquête. Mais c'est un persdonnage fictif, illusoire, une fiction qui incarne le mal. Et, face à lui, où serait le bien ? Par quoi remplacer le capitalislme mondial ? Par un étatisme mondialisé, une bureaucratie socialiste planétaire ? Après l'expérience stalinienne ou maoïste, cela n'a pas de sens. Nous devons faire avec ce qui est et existe depuis des millénaires. La seule solution est l'émergence d'une conscience planétaire (que l'interviewé voit naître à Rio, Seatle et Gênes).

Seule faille du raisonnement : le capitalisme n'existe pas depuis des millénaires ; le libéralisme comme théorie et comme pratique est un fruit du XIXe siècle. Et si la "conscience planétaire" se met en action, elle risque fort de le remettre en question. Braudel, auquel se réfère Fourquet est l'homme de la continuité. Polanyi, que révérait François Partant, est celui de la rupture, qui voit dans l'émergence du capitalisme européen un changement socio-culturel radical.