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«Le présent n'est pas gai. Il suffit
d'ouvrir le journal pour en être convaincu. L'avenir est
plus sombre encore. Tandis que dans le tiers monde la faim progressera,
nous verrons chez nous le chômage et la pauvreté
s'étendre». François Partant
Le système économique
actuel repose sur un postulat, l'expansion continuelle, dont
le moteur est la dynamique concurrentielle ; en dehors d'elle,
point de salut ! Cette expansion a lieu sous la sacro-sainte
idéologie du «développement», soutenue
par la majorité des économistes et hommes politiques
: celui-ci devait apporter le bonheur à l'ensemble des
peuples ! Mais on a vu, d'abord dans le Sud, et de plus en plus
dans le Nord, des économies locales et vivrières
se détruire, des pollutions multiples mettre en jeu l'équilibre
de notre biosphère, les profits se concentrer, tandis
que la misère se diffuse.
L'ère industrielle débouche sur des impasses :
écologique, sociale (le nombre d'exclus ne cesse de croître),
morale (quelle qualité de vie avons-nous et aurons-nous
?). Le partage du travail, les débouchés à
l'exportation, la formation professionnelle, le développement
durable ne sont que des palliatifs ou de fausses promesses. L'évolution
technologique et ses conséquences sur la vie échappent
à tout le monde. De par sa nature, la croissance engendrera
encore plus de chômage et de précarité.
«Aussi longtemps que
nous assimilerons l'évolution de notre société
à celle de l'humanité avançant vers un terme
à la fois idéal et indéfiniment futur, aussi
longtemps que nous verrons, dans nos progrès scientifiques
et techniques, la preuve de cette évolution d'ensemble,
nous ne parviendrons même pas à ima-giner un projet
politique nouveau». François Partant
Et si la première chose à
faire était d'être lucide : ne plus adhérer
au mythe du développement mais en faire une analyse critique
; arrêter de penser que tous les peuples de la terre ont
la même aspiration ; voir que la logique de cette compé-tition
effrénée a montré son incapacité
à répondre aux besoins vitaux de la majorité
des personnes de cette planète ; voir que la révo-lution
verte, l'agriculture industriel-le et le commerce international
ont apporté la faim et la misère dans de nombreuses
zones du monde.
«Il ne s'agit plus
de préparer un avenir meilleur mais de vivre autrement
le présent». François Partant
On ne voit pas d'alternative à
l'ordre économique actuel car d'une manière sous-jacente
on refuse de remettre en cause les principes mêmes de cet
ordre. Favorisons alors toutes les initiatives qui remettent
en cause notre mode de vie et notre type de production. Recréons
des réseaux d'entraide, de solidarité, d'échange
fondés sur les capacités de chacun et sur les besoins
de tous. Le refus de l'exclusion, ici et là-bas, doit
être une priorité, ce qui implique d' agir avec
les exclus.
Les résistances multiples d'aujourd'hui nous permettront
peut-être, demain, de rebâtir à partir de
conceptions nouvelle.
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